Cinéma – Portrait : Prashanna Babu

Entretien avec Prashanna Babu, danseur et chorégraphe originaire de Chennaï en Inde. Il est l’assistant de Brindha Master et a déjà collaboré avec les plus grands noms du cinéma indien.

LAACI : Bonjour Prashanna, bienvenue!

PRASHANNA BABU : Vanakkam!

L : C’est ta première venue en France?

PB: Non, c’est la troisième fois. Je suis venu la première fois pour travailler sur un tournage : c’était le film « Intouchables » en version Tamoul (Film de Vamsi Paidipally, avec Karthi en acteur principal, ndrl). J’adore Paris, c’est ma ville préférée.

L: Que penses-tu des Français et de la France?

PB: les Français sont très respectueux avec une grande culture et du savoir-vivre. Chacun respecte l’espace privé des autres. Paris représente beaucoup pour moi. Bien sur pour le travail mais aussi pour les rencontres, les relations et les amitiés tissées au cours de mes précédentes venues.

L: Un mot pour définir ce que tu penses de la France :

PB: Beautiful

L: Les Français:

PB: Adorables

L: Les Françaises:

PB: Adorabeautiful

L : Parlons de toi, qui es-tu? D’où viens-tu?

PB : J’ai 27 ans, je suis danseur/chorégraphe pour le cinéma depuis 7 ans. Je viens de Chennaï, dans l’État du Tamil Nadu en Inde. Chennai c’est chez moi, ma maison. Les gens y sont très gentils, respectueux, ils s’entraident. La tradition là-bas est unique. Je viens d’une famille du cinéma. Mon père était chorégraphe et ma mère danseuse. Et c’est grâce à eux que j’y travaille. Ma famille est très importante, elle est tout pour moi.

L: Tu savais que tu allais devenir danseur?

PB: Je savais que j’allais suivre les pas de mon père et travailler dans l’industrie du cinéma. Grâce à lui, j’ai commencé à danser dans des films.

L: Cela t’était prédestiné?

PB: J’ai envie de devenir acteur. Mais je voulais m’établir solidement en tant que danseur et avoir un nom qui pourrait aider à devenir acteur.

L: Si tu n’avais pas été danseur tu aurais fait quoi?

PB: Je ne sais pas, de toute façon ça aurait été dans le cinéma. J’ai appris la danse grâce mon père. Il danse traditionnellement et j’ai beaucoup travaillé pour m’adapter au style de danse actuel, pour me mettre à jour.

L: As tu des frère et soeurs? Travaillent ils aussi dans le cinéma ?

PB: Oui, mon frère est danseur comme moi et ma soeur poursuit ses études pour le moment. Peut-être voudra-t-elle être actrice dans le futur…

L: Encore le cinéma!

PB: Oui! Ça fonctionne comme çà. C’est un secteur que connaît bien ma famille. L’expérience de mon père m’a aidé à m’intégrer et à plus vite m’adapter. Il y a très peu de gens qui travaillent dans l’industrie du cinéma sans avoir eu de la famille dedans auparavant.

L: Comment se vit le cinéma à Chennai?

PB: Le cinéma indien a commencé à Chennai et s’est répandu sur toute l’Inde par la suite. Chennai est une vraie ville de cinéma. Jusque dans les années 50, l’activité principale était le cinéma ici, on y tournait plus de 7 films par jour.

L: Quelles sont tes références musicales?

PB: J’écoute beaucoup de musique Tamils, des musiques de films. J’y suis très attaché. Ma référence à l’étranger c’est Mickaël Jackson et en Inde, si je dois citer quelqu’un c’est Prabhu Deva : il sait non seulement danser mais il arrive aussi à transmettre bien plus à l’écran. On appelle çà « Nava rasa » ce qui signifie les 9 émotions : joie, tristesse, colère, amour, calme, surprise, dégout, peur, courage.

L: Pourquoi tant de danse dans les films indiens?

PB: En Inde, les gens apprécient énormément la musique. Elle est partout dans notre vie. Nous exprimons nos sentiments à travers les chansons, nos danses. La musique diffère selon la situation et son évolution. Elle est met en valeur les scènes clés des films. Un film sans musique, c’est comme un verre vide ! Les mouvements du corps sont un langage universel comme le sont les notes de musique.

L: Tu travailles pour les films du sud de l’Inde, Kollywood (films produits à Chennai, ndrl), quelles différences avec Bollywood (les films produits à Bombay, ndrl)?

PB: La langue principalement. Kollywood est plus traditionnel. Les productions ne s’exportent pas à l’internationnal. Le « sexy » ne se montre pas même si les paroles peuvent être explicites. Les attitudes, la gestuelle, les expressions du visage en sont encore plus différentes et bien plus variées. L’attention est portée sur l’émotion. Il existe un mouvement signature pour chaque acteur que l’on retrouve dans chacun de leur rôle.

L: Et au niveau de la danse?

PB: Les productions de Bollywood sont encore plus professionnelles. Ils se basent sur les critères internationaux: fitness, maintien. À Kollywood, ce n’est pas important, le plus important est de divertir. Mais physiquement c’est beaucoup plus dur: sur les genoux, les jambes, les sauts…Bollywood c’est plus les bras qui sont sollicités. De temps en temps quand il y a besoin, ils vont vers du traditionnel. Kollywood, c’est toujours du traditionnel, même si les chorégraphies sont très souvent modernisées. Il y’a tellement de styles de danse différents en Inde qu’il est très facile d’être inspiré.

L : Merci à toi, un dernier mot pour la fin ?

PB : Merci! Je suis heureux et je me sens chanceux de faire partie de cette famille qu’est le cinéma. Mon conseil : profitez de la musique et keep dancing!

*Photographies : Lucy Winkelmann*

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