Le 7 juillet 2026, dans le cadre de la programmation de l’exposition « Quand le ciel recule », l’artiste photographe Lucy Winkelmann a animé un atelier de trois heures à l’Académie du Climat, invitant les participants à explorer les liens entre photographie, observation scientifique et création artistique.
L’exposition « Quand le ciel recule » propose une réflexion au croisement de l’art et de la science sur notre manière de regarder le monde, en questionnant les zones d’incertitude qui subsistent malgré les avancées scientifiques. À travers expositions, rencontres et ateliers, elle invite chacun à renouveler son regard sur les phénomènes naturels et les connaissances qui les entourent.
Pour cet atelier, Lucy Winkelmann s’est inspirée d’un objet scientifique aussi étonnant que poétique : le cyanomètre, imaginé à la fin du XVIIIᵉ siècle par le naturaliste suisse Horace-Bénédict de Saussure. Cet instrument permettait de mesurer l’intensité du bleu du ciel à l’aide d’un nuancier composé de plusieurs dizaines de teintes. Une manière singulière de transformer l’observation du ciel en expérience scientifique.
Les participants ont revisité cet outil historique grâce au cyanotype, ancien procédé photographique reconnu pour ses profonds bleus. Plutôt que de rechercher une seule couleur, chacun a expérimenté les multiples paramètres qui influencent l’apparition des bleus : dilution de la solution photosensible avec de l’eau, nombre de couches appliquées sur le papier, durée d’exposition à la lumière et choix de différents lieux d’exposition.
Au fil des expérimentations, les feuilles se sont transformées en véritables laboratoires sensibles. Chaque variation produisait une nuance différente, révélant que le bleu du cyanotype n’est jamais unique mais infiniment changeant, tout comme le ciel lui-même.
Peu à peu, les participants ont composé leur propre cyanomètre contemporain : un pantone du ciel, un nuancier personnel où chaque échantillon témoigne d’une rencontre entre la lumière, la matière et le temps. Entre rigueur scientifique et intuition artistique, l’atelier invitait à observer, comparer, expérimenter et accepter l’imprévisible.
Cette approche sensible de la photographie a permis de faire dialoguer histoire des sciences, patrimoine photographique et création contemporaine. En manipulant un procédé inventé au XIXᵉ siècle tout en redécouvrant un instrument scientifique du XVIIIᵉ, chacun a pu mesurer combien l’art et la science partagent un même désir : comprendre le monde en cultivant l’observation, l’expérimentation et l’émerveillement.
Un grand merci à l’Académie du Climat et à toute l’équipe de « Quand le ciel recule » pour leur confiance et leur accueil, ainsi qu’aux participants pour leur curiosité et leur enthousiasme. Ensemble, ils ont démontré qu’un simple morceau de papier bleu pouvait devenir un outil d’observation, de création… et une invitation à lever les yeux vers le ciel.







